
Ces héros secrets
Dieu réunit son peuple d'une manière surprenante. La première personne rencontrée en Asie du Sud-Est est un chrétien originaire d'Afrique. Nous échangeons quelques mots et il me dit qu'il vient d'arriver de Suisse. Lorsqu'il précise où il a séjourné, je découvre qu'il s'est rendu dans ma propre église ! Le monde est petit, mais l'œuvre de Dieu immense.£
Un pays lointain, mais la même vision
La deuxième personne rencontrée est un homme qui m'impressionne profondément. Yunes* est un Égyptien qui sert Jésus dans son pays dans des conditions difficiles : en Égypte, la charia, la loi islamique, est en vigueur et l'évangélisation parmi les musulmans est interdite. Et pourtant, Yunes porte dans son cœur une vision semblable à la nôtre : atteindre un million de musulmans grâce à 1000 évangélistes.
Yunes m'explique que 400 évangélistes sont déjà à l'œuvre dans son entourage. Et ceux-ci atteindraient plus de 100'000 musulmans par an. « Leur méthode est simple, courageuse et pleine d'amour : ils s'assoient dans des restaurants, engagent la conversation et nouent des relations avec les clients. Ils leur remettent régulièrement de petits textes racontant l'histoire de Jésus, jusqu'à ce qu'ils aient lu tout l'Évangile », raconte Yunes. « Actuellement, de très nombreux musulmans se convertissent à la foi chrétienne. Je n'ai jamais vu cela auparavant, et pourtant je suis dans le ministère depuis 25 ans. »
Le premier
La vocation de Yunes a pourtant commencé de manière dramatique. Lorsque Dieu lui demande de mener des musulmans à Christ, il commence par refuser. Au bout de six mois, il accepte et passe les trois mois suivants à étudier quelque 300 livres apologétiques afin de se préparer minutieusement à son ministère. Puis un jour, il se poste dans un magasin et attend avec détermination « le premier ». Lorsque celui-ci entre (longue barbe, longue robe, kufi blanc sur la tête, marque de prière sur le front), Yunes gémit intérieurement : « Seigneur, s'il te plaît, non... » Il promet à Dieu d'aborder le prochain. Le prochain : longue barbe, longue robe, kufi blanc sur la tête, marque de prière sur le front. Cinq autres suivent, tous également strictement religieux. Yunes lutte avec lui-même et tremble.
Il faut de la persévérance
Mais soudain, un homme rasé de près et vêtu d'un jean entre dans le magasin. « C'est lui », pense Yunes, « avec lui je peux y arriver ! » Il lui adresse la parole. Son nom est Yussuf. Mais il s'avère rapidement que Yussuf est un véritable casse-tête. Il a réponse à tout. Pendant un an, les deux hommes discutent sans aboutir. Jusqu'au jour où Yunes, épuisé, avoue : « Yussuf, je t'aime bien. Je veux seulement que tu reconnaisses la vérité et que tu sois sauvé. » Yussuf se met alors à pleurer : « Vous, les chrétiens, vous avez quelque chose que nous, les musulmans, n'avons pas : l'amour, même pour vos ennemis. » Les deux hommes deviennent amis. Quelques semaines plus tard, Yussuf rêve de flammes. Au milieu de la nuit, il appelle Yunes. Il veut connaître le Saint-Esprit et trouve peu après le Christ.
Une dangereuse décision
Elyas, ma troisième rencontre, est originaire de la région islamique d'Indonésie et représente une véritable source d'inspiration pour moi. Ce théologien islamique hautement qualifié, titulaire de deux masters, est aujourd'hui un courageux « MBB » (Muslim Background Believer, chrétien d'origine musulmane). Afin d'atteindre les musulmans, il a traduit en quatre ans l'intégralité du Nouveau Testament du grec vers sa langue maternelle, l'acehnais. Il anime également une chaîne YouTube sur le christianisme, au cœur d'une région où se détourner de l'islam peut coûter la vie. Mais Elyas porte fièrement le titre de « Murtadd » (apostat) : « J'ai trouvé le chemin du salut en Christ », déclare-t-il. Et il montre un grand intérêt à participer à notre projet en Indonésie.
Quand la montagne avertit
Dieu met ses héros secrets en relation les uns avec les autres : des hommes et des femmes risquent tout pour parler de Jésus aux musulmans. Au milieu d'un monde plein de résistance, Jésus bâtit son Église. Sur le chemin du retour, j'aperçois depuis l'avion le majestueux mont Ararat, où l'arche de Noé aurait échoué après le déluge. La montagne s'élève au-dessus de la couverture nuageuse comme un signe de Dieu. Et cela me rappelle un verset de la Bible : « Il arrivera, dans la suite des temps, que la montagne de la maison de l'Éternel sera fondée sur le sommet des montagnes, qu'elle s'élèvera par-dessus les collines, et que toutes les nations y afflueront. » (Ésaïe 2 :2) Une pensée pleine d'espoir !



